jeudi 20 octobre 2011

Theresa Révay - Dernier été à Mayfair

Éditeur : Belfond - Date de parution : Octobre 2011 - 472 pages de pur bonheur ! 

Eté 1911, Londres. Julian, Evangeline, Edward et Victoria Rotherfield ont l’insouciance de la jeunesse dorée . Si Julian en tant qu’aîné a de nombreux devoirs et obligations, son cadet Edward a comme danseuse le jeu et l’aviation. Alors que Victoria s’apprête à faire son entrée dans la haute société anglaise en tant que débutante, sa sœur Evangeline prend part  à des réunions de suffragettes dans les quartiers ouvriers. Trois ans plus tard,  l'ombre de la première Guerre Mondiale se dessine et va faucher bien plus que des soldats innocents. 

Pour commencer, on oublie la couverture qui ne reflète en rien le contenu de cet excellent roman ! Et, je me suis couchée  à des heures peu raisonnables  tellement j’étais captivée par ce livre ! Aux premiers abords, on pourrait penser qu’il ne va être question que du destin de ces quatre jeunes gens de la haute société anglaise. Et bien non, on y croise toute une jeunesse de l’époque, des Anglais mais également des Français, avec ses espoirs et ses revendications. Autant de personnages que l’on va suivre jusqu’en 1919.  Suite au décès de son père, Julian endosse les devoirs qui lui incombent et se marie sans amour.  Si Victoria aime les bals, Evangeline préfère militer pour de droit de vote des femmes avec les suffragettes.  Arrêtée, elle connaît la prison  et la barbarie infligée aux femmes qui refusent de s’alimenter.  Edward est le plus fantasque de tous. Il rate de peu de remporter une course d’aviation et par la même occasion de rembourser ses dettes de jeu.  La société anglaise édouardienne est à  bout de souffle, l’industrie est en plein essor et les femmes veulent l’égalité. En France, la noblesse connait aussi le revers de la médaille. Les  personnalités se révèlent au fil des pages de la  première partie qui réserve bien des surprises !
Dans la seconde partie, on "vit" les combats de la Somme à côté de ces soldats anglais comme si on y était. On admire ces femmes devenues infirmières pour  aider et l'on ressent le désarroi d'une population qui pleure ses fils.  L’auteure réussit à faire ressortir l’émotion, la peur, le courage et  la prise de conscience d’une guerre qui s'embourbe.
Tenir le  lecteur sur presque cinq cent  pages est un pari et l'auteure  le réussit haut la main ! Non seulement, elle évite trop de rebondissements dans la première partie mais surtout la seconde partie est d’une véracité époustouflante.
Je vous ai juste donné  quelques éléments mais il y en  a tant que je vous laisse le  plaisir de le lire à votre tour !

Theresa Revay nous offre  un très, très bon roman  historique ! Ce livre est riche, dense, saisissant par les détails  avec des personnages crédibles et attachants ( je pense notamment à Jean, le jeune prêtre français ou à May Wharton, une femme journaliste et aviatrice). Des personnages qui sont le portait d’une génération sacrifiée.  Alors oui, j’ai  vibré et j'ai eu les yeux embués à la lecture de certains passages...
Un vrai et  grand bonheur de lecture !

Et ils tombaient les uns après les autres, fauchés comme des épis dans un champ de blé, pulvérisés par les obus, sans comprendre ce qui leur arrivait  puisqu'on leur avait garanti  que les Allemands seraient morts, sans comprendre comment leurs amis d'enfance, leurs camarades de bureau , meurs cousins et leurs frères succombaient pas dizaines, par milliers sous les rafales des mitrailleuses que les Allemands avaient tirées de leurs  abris, ni d'où sortaient les  uniformes vert-de-gris recouverts de poussière de craie qui se dressaient à une centaine de mètres et contre lesquels ils venaient se briser vague après vague sous une pluie de balle qui leur arrachaient la tête et fouettaient leur corps. Mais ils continuaient à avancer, ils enjambaient ceux qu'ils aimaient, sans jamais cesser de tomber, épaule contre épaule, et leur sang détrempait  la terre de France.
 

13 commentaires:

Joelle a dit…

Je l'avais repéré à cause de l'histoire mais la couverture m'avait fait reculer ... j'avais peur que ce soit un peu trop "romance" ;) Vu ce que tu dis, je note donc !

Nadael a dit…

Oh quel enthousiasme, je note!

Anne a dit…

Oh que ça m'intéresse, tout ça ! Un roman qui tourne autour de la première guerre mondiale, en Angleterre et ailleurs... je suis preneuse ! Je n'en avais jamais entendu parler !!

Aifelle a dit…

Je n'en ai pas entendu parler non plus, les thèmes sont très intéressants, je le note.

Asphodèle a dit…

Pour te tenir éveillé, il doit être bon, je note ! Mais quand il sortira en poche ! Tu les lis presque avant qu'ils ne sortent !^^

Yv a dit…

Je l'ai reçu et l'ai mis tout en bas de la pile à cause du titre et de la couverture. Peut-être grâce à toi, va-t-il remonter d'un ou deux crans ?

Clara a dit…

@ Joëlle : et bien non ! je l'ai dévoré!

@ Nadael: tu as compté le nombre de points d'exclamation ? :)


@ Anne : un roman tout nouveau !

@ Aifelle : les détails sont précis et véridiques ,la psychologie des personnages est creusée et il y a ce contexte historique. Un contexte où les femmes anglaises en quelques années ont vu leur rôle modifié !

@ Asphodèle : oh oui, j'ai pris un réel plaisir, j'ai pleuré à l description d'une journée de cette guerre où l'émotion est à son on apogée. L'extrait cité en fait partie d'ailleurs.

@ Yv : seulement 1 ou 2 ? non, plus !!

Géraldine a dit…

Je l'avis reçu sans le demandé et franchement, rien ne me donner envie dans ce livre alors j'ai fait retour à l'expéditeur. A tort manifestement. Mais bon, en même temps, je sais que je ne suis pas fan du tout des romans historiques.

Manu a dit…

Tout à fait le genre de romans qui pourrait me plaire !

Yv a dit…

Ouais, bof, des passages intéressants pour d'autres totalement creux et lourds.

Clara a dit…

@ Géraldine @ Manu @ Yv : j'ai aimé et j'étais complètement dedans !

Anjelica a dit…

je note, je note :)

Clara a dit…

@ Anjelica : bien!

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