jeudi 17 novembre 2011

John Burnside - Scintillation

Éditeur : Métailié - Date de parution : Août 2011 - 283 pages scotchantes!

L’Intraville apparaît comme une ville en dehors du monde. Un endroit à part  avec son usine chimique désinfectée mais qui a tout contaminé. Ses habitants ne semblent rien espérer de la vie. Et quand de jeunes garçons disparaissent, il est préférable de penser qu’ils ont fugué.

Avertissement : si vous avez le moral qui frise le niveau de vos chaussettes tirebouchonnées sur vos mollets, abstenez de vous de cette lecture. Tenez vous loin de ce livre et attendez de revoir jaillir le soleil, les petits oiseaux et compagnie…

Pour avoir lu Un mensonge sur mon père, je savais que John Burnside pouvait nous décrire le sombre de l'âme humaine.Mais là, j'ai été scotchée et pas qu’un peu ! Ici, on est dans une noirceur qui frôle le sordide. Dans ce le lieu glauque qu’est l’Intraville, la disparition de jeunes adolescents passe presque inaperçue. Tout le monde semble englué dans ce lieu morbide où l’on meurt de maladie. Le policier Morrison préfère fermer les yeux et enterre ses remords dans son jardin. Et les individus peu scrupuleux comme Brian Smith continuent de s’enrichir en régnant sur ce bout de terre paumé. Il reste aux gamins les jeux dans le bois, l’ancienne usine et le sexe découvert tôt. Fort heureusement dans ce tableau, il y a le personnage de  Léonard. Sans être un saint, à quinze ans, il puise dans les livres bien plus que du réconfort. Une raison d'être. A la noirceur qui découle des hommes, la beauté de l'écriture explose.  

Un lecture qui secoue, qui dérange et  dont on ne sort pas indemne. Un livre puissant, très troublant par tous ses aspects et qui m’a laissée parfois complètement abasourdie. 

Avec une écriture hors normes, John Burnside démontre tout son talent, sa capacité à tenir le lecteur en apnée et à lui renvoyer de la poésie en pleine figure ! Epoustouflant.

Et, donc, ce serait sans doute mieux s'il n'y avait pas de répit, s'il n'y avait pas de moments heureux. Comme ce passage de Tom Sawyer où Tom se demande si les dimanches ne sont pas juste une forme de sadisme un peu plus raffinée que les jours de semaine avec avec leur succession habituelle de corvées et d'école.

Le billet de Keisha qui renvoie à plein d’autres liens et  de nombreux avis sur Babelio.

En route pour l'Ecosse
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