dimanche 27 novembre 2011

Jón Kalman Stefansson - La tristesse des anges

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Septembre 2011 - 378 pages d'émotions!

Durant une tempête de neige, Jens le postier arrive à l’auberge quasi gelé. Helga s’occupe de lui tandis que le gamin observe. Dans cette terre d’Islande qui semble si hostile à l’homme, les mots transmis par courrier réchauffent bien plus que le cœur. Jens doit prendre la mer or il a peur de l’eau. Helga missionne le gamin d’aller avec lui. Contraint d’abandonner les plaisirs que procurent la poésie et la sensualité charnelle des femmes, le gamin l'accompabne.

L’année dernière, Ciel et terre m’avait fait pleurer d’émotions. Cette semaine, je me suis retrouvée dans le bus avec des poissons d’eaux dans les yeux. En 2010, j’avais été éblouie par l’écriture de Jón Kalman Stefánsson. Cette année, j’ai été à nouveau émerveillée par la portée de son style où la poésie puise au plus profond des mots. Je me suis prise des bourrasques d’émotions en pleine figure, le souffle coupé par la beauté de cette Islande. Devant cette nature où les éléments confèrent à l’homme du courage et une forme d’humilité.

Dans ce nouveau roman, on retrouve des éléments présents dans Ciel et terre. L’adolescent nommé le gamin accompagne cette fois le postier et non pas un pêcheur, la force de la nature et des mots. Et la mort qui n’est jamais loin. Cette ombre carnassière qui rôde auprès des vivants. Le gamin et Jens se retrouvent à accomplir un périple durant lequel ils vont rencontrer différents personnages et les lettres du postier sont comme des relais. La tempête fait rage, Jens et le gamin avancent péniblement confrontés à leurs angoisses.

Ne cherchez pas une histoire haletante. Si j’ai trouvé quelques pages inutiles avec des redites, l’ensemble et surtout la seconde partie du roman balaye d’un revers de main ces bémols.

Jón Kalman Stefánsson sans se faire moralisateur nous donne des clés pour accéder à son univers où la poésie, l’humilité et l’entraide jouent un rôle majeur. J’ai tellement aimé ce livre que je veux aller en Islande !

Je ne peux pas venir travailler aujourd'hui pour cause de tristesse.
J'ai vu ces yeux hier et ne puis, pas conséquent, venir au travail.
Il m'est impossible de venir aujourd'hui car mon époux est si beau quand il est nu.
Je ne viendrai pas aujourd'hui car la vie m'a trahi.
Je ne serai pas à la réunion car il y a une femme qui prend un bain de soleil devant chez moi et sa peau scintille.
Jamais on n'ose écrire ce genre de choses, on ne décrit pas les décharges électriques qui se produisent entre deux personnes, au lieu de cela on parle des prix, on s'attache à l'apparence, et non au souffle du sang, on ne se lance pas en quête de la vérité, de vers de poésie qui surprennent, des rouges baisers; on dissimule notre impuissance et notre résignation par une numération de données factuelles (...).

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