mardi 14 mai 2013

Agnès Ledig - Juste avant le bonheur


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Mai 2013 - 343 pages qui font du bien ! 

A vingt ans, Julie est caissière est caissière dans un supermarché. Harcelée par son patron, elle serre les dents car elle a besoin de son boulot. Maman d'un petit Ludovic de trois ans, au lycée elle rêvait d'études. Il aura fallu d'une soirée un peu trop arrosée pour que son monde s'écoule. Mise à la porte par un père qui ne jure que par la religion catholique, Julie a dû se débrouiller seule et continue à le faire. Méfiante, la tête sur les épaules, elle survit grâce à des économies de bouts de chandelle, la fierté dans son mouchoir pour récupérer des jouets son fils et des vêtements. Paul lui revit. Sa seconde femme aussi froide que matérialiste vient de le quitter. Il est sur le point de partir en vacances en Bretagne avec son fils Jérôme un médecin dont l'épouse dépressive s'est suicidée. En terminant ses courses, Paul est à la caisse de Julie. Il remarque qu'elle ne va pas bien. Il lui adresse la parole, elle est sur la défensive avec son humour corrosif comme bouclier. Paul la revoit et lui tend une main en lui en lui proposant de partir avec eux.

Présenté de cette façon, on pourrait croire que ce roman dégouline de bons sentiments et bien ce n'est pas le cas. Roman ancré dans la réalité, Julie connaît la dureté d'une vie précaire. Et là j'imagine en que certains vont se dire "oui mais mère à vingt ans, de nos jours, tralala, ... et cette conclusion péjorative cas social". Elle a fait le choix de garder son enfant et de l'élever dans la dignité. D'ailleurs, Jérôme qui découvre l'invité surprise a cette même opinion en pensant que Julie est là pour l'argent de son père. Au contraire quand Paul propose de payer elle s'offusque car elle a sa fierté. Sa méfiance va peu à peu disparaître et elle va découvrir que certaines personnes veulent réellement vous apporter une aide sans poser de questions.
Une suite convenue? Non  car l'auteure crée la surprise en donnant au lecteur une gifle en pleine figure, histoire de lui rappeler que la vie n'est pas un long fleuve rose et tranquille. Le corps médical a a son importance dans ce roman, Agnès Ledig nous le décrit humain avec cette conception que corps et esprit sont liés. Ce corps qui refoule les traumatismes et finit quelquefois par les extérioriser.

Ces personnages abîmés vont se reconstruire en ôtant leurs œillères ou à réapprenant à faire confiance. Par rapport à  l'atelier des miracles de Valérie Tong-Cuong, ce livre paraît plus crédible, cette histoire sonne vraie par la justesse des dialogues et surtout par les personnages.
Contre les idées reçues, Agnès Ledig utilise l'humour mais aussi la  tendresse et la confiance soit solide soit fragile comme une toile d'araignée, l'amitié et surtout la volonté de changer le quotidien, l'avenir des autres.

Une belle bouffée d'oxygène qui (re)donne espoir en l'être humain et qui a su me toucher donc ce serait dommage de s'en priver !

Dans les jolies histoires, les femmes n'élèvent pas seules leur enfant, elles ne triment pas toute la journée pour pouvoir survivre. Dans les jolies histoires, les femmes sont belles, les hommes sont forts, ils s'aiment et la vie leur est aussi douce que bienveillante. C'est nul les contes de fée.
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