lundi 26 avril 2010

Edgar Hilsenrath - Fuck America



Avertissement : Amoureux du langage châtié s’abstenir de cette lecture.

Je ne sais pas comment parler de ce livre. Dérangeant, iconoclaste, voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit.

L’autobiographie occupe une place importante car Edgar Hilsenrath né en 1926 en Allemagne a connu les ghettos juifs avant de partir pour Israël puis pour New-York.

Ce livre commence par un échange de courriers en guise de prologue. 1939 : Nathan Bronsky, juif polonais vivant en Allemagne demande pour sa famille un visa pour l’Amérique. La réponse du Consul Général des Etats Unis ne s’embarrasse pas de politesse ou de courtoisie : selon les quotas d’immigration, ils pourront venir en 1952 et en attendant qu’ils se démerdent !

1952 : Jacob Bronsky, le fils de Nathan, est aux Etats Unis. A vingt-huit ans, il en fait déjà quarante comme fatigué de son passé. Il survit grâce des p’tits boulots minables dans un New-York sans strass et sans paillette. Ici, on est à l’opposé du rêve américain. Dans des quartiers malfamés, clochards et putains se côtoient. C’est là que Jacob traîne avec d’autres immigrés.. Il travaille quand il est vraiment fauché, il combine arnaques et mensonges pour manger à sa faim. Où est le héros gentil, vaillant et poli ? Pas dans ce livre. Obsédé par le sexe, Jacob aime les putes. Comme pour se souvenir ou se décharger du poids de l’Holocauste, il veut écrire un roman sur les ghettos juifs.

Nul besoin de fioritures ou de ronflants pour parler de la misère et de tous les laissés pour compte de la belle Amérique. Le tout est porté par des mots crus ou direct dans un langage direct. Moi qui ne suis pas très guillerette quand le langage est vulgaire, certains passages m’ont un peu dérouté. L’Amérique où l’argent et la réussite prévalent est stigmatisée. Ici, l’auteur a opté pour la vérité aussi peu reluisante soit-elle. Quand il parle de la Shoah, il le fait avec des mots justes et ça fait mal… . Les pensées de Jacob vont de l’essentiel comme à manger à sa faim à des situations où il cherche sa place dans ce pays.

Un livre clash qui rend mal à l’aise.
J'aimerais bien envie de lire "le Nazi et le barbier" du même auteur.

« Avec le truc des toilettes, j’ai pu garder le tête hors de l’eau pendant une semaine.(…) Là, j’ai été à deux doigts de me faire prendre : quand, après le repas, je suis allé aux toilettes pour filer en douce, j’ai constaté que la fenêtre ne s’ouvrait pas. J’ai secoué comme un malade. En vain. J’ai commencé à taper sur le cadre à poings fermés, mais j’ai eu peur de faire trop de bruits. Bronsky, je me suis dit, essaie de voir aux toilettes pour dames. C’est ta dernière chance ».

14 commentaires:

Gwenaelle a dit…

Le fond me plait, la forme un peu moins... Bon voyage à Paris, miss!

Joelle a dit…

C'est un livre qui m'a beaucoup plu car il n'est pas du tout politiquement correct :) Et le langage utilisé ne m'a pas choqué mais après avoir travaillé plus de 18 ans dans un milieu masculin, il en faut beaucoup pour me choquer ;) mdr !

Vanounyme a dit…

Je ne connais pas du tout, je note. En plus, je trouve la couverture marrante !

Theoma a dit…

J'aime bien ton avertissement en début de billet !

Aifelle a dit…

Je copie sur Gwenaelle ! je passe pour le moment.

Grimmy a dit…

Je le note ! J'aime bien la couv aussi !

Pickwick a dit…

C'est une de mes lectures les plus marquantes de ce début d'année, elle me restera pour plusieurs années je pense. Ton billet est excellent (et ton avertissement plus cocasse que le mien ;))))!), et hop, je mets le lien !

Canel a dit…

Encore un qui est dans ma PAL...

Clara C. a dit…

@ Gwen : c'est clair que ça peut freiner..

@ Joëlle : pas choquée mais par moment un peu déroutée...

@ Vanounyme : la couverture est sympa et reflète bien le livre.

@ Theoma : il vaut mieux prévenir... pour ceux qui arborent à la boutonnière un langage très "select"

@ Aifelle : oui.. et il y a tant de livres à découvrir !

@ Grimmy : la couverture fait un tabac !

@ Pickwick: merci !un peu d'humour ne fait jamais de mal !

@ Canel : il est temps que tu termines le prix Ldp pour t'attaquer à ta PAL!

Alex-Mot-à-Mots a dit…

Un livre-choc, j'ai trouvé, tant par son écriture que par le fond. Mais pas à mettre entre toutes les mains, c'est sûr.
Aifelle vient de fair eun billet sur "quand souffle le vent du nord" que tu proposes en livre-voyageur. Je suis intéressée, s'il reste une place en fin de liste.... Merci.

Manu a dit…

Je ne sais pas quoi penser. Je suis mitigée quant au langage.

Clara C. a dit…

@ Alex mots à mots : .
tu peux m'envoyer ton adresse par MP pour que je te rajoute sur la liste?

@ Manu : ça peut être un frein , c'est certain.

Canel a dit…

Si tu savais comme j'ai hâte de me faire plaisir en lisant des romans que JE choisis !! ;-)

zarline a dit…

Le sujet me tente mais je bloque comme d'autres sur la forme. Je ne pense pas être choquée mais j'aime que les phrases soient belles et je peine sur la vulgarité en littérature.

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