dimanche 18 avril 2010

Yasmine Char - La main de Dieu



Nous sommes au Liban, à Beyrouth, dans les années soixante-dix. Beryrouth sous la guerre où il y a la Villa Blanche, la maison de cette famille où le père s’est retranché depuis que sa femme, une française, l’a quitté. Une maison où la famille du père régie tout depuis que la française est partie. Leur fille, avait 8 huit maintenant elle en a quinze. De l’enfance heureuse, elle est devenue est devenue un corps frêle, aux cheveux couts qui court, qui entend et qui voit l’horreur de la guerre. Elle rencontre un homme, un reporter français. Il devient son amant et l’initie à la guerre.

Mon résumé ne peut pas être complet car ce livre court est dense, très dense par tous les sujets abordés. J’ai relevé des passages pratiquement toutes les deux pages tellement il y a d’éléments marqueurs. Un roman qui alterne une narration entre le « je » et le « elle », le passé et le présent ce qui donne encore plus de force à l’écriture et à l’histoire. Je le dis tout de suite, j’ai été conquise par ce style !

Et quelle histoire !
La jeune fille se définit comme une tueuse à quinze ans. Premier choc pour le lecteur « ce visage du tueuse, il a dû se construire autour de ces drames. Il n’est pas apparu comme je l’ai cru. Ce ne sont pas les bombes qui ont creusé les joues. Le visage était en préparation depuis longtemps, la guerre la révélé ».

On la suit, on voit comment elle se détache de l’enfance, comment elle cache tout ce qui est signe de féminité. Elle va au Lycée français alors que les tireurs embusqués sont à chaque coin de rue. La peur, elle a appris à vivre avec comme si elle s’était faite une raison de la guerre. Il y a ses tantes, ses oncles qui la traitent différemment parce que sa mère français est partie avec un autre homme. A leurs yeux, elle représente le mal, un danger. Et la rencontre avec cet homme qui se fait passer pour un reporter. Il est français, elle y voit un signe du destin. La découverte de l’amour charnel et de la première fois marque la fin de l’innocence. L’adolescente prend du plaisir interdit, se contrefiche de la morale, de la religion. La guerre va la rattraper, elle ne peut pas lui échapper et cet homme va lui demander de tuer pour lui.

Un livre très fort que j’ai lu en apnée totale. L’écriture y est splendide et dure en même temps. On se retrouve transporté à Beyrouth mais surtout on prend la place de cette jeune fille. Une lecture belle et bouleversante dont on ne sort pas indemne… encore un gros coup de cœur pour moi !

« La maison familiale ressemble à un forteresse aux persiennes condamnées. Rien ne filtre à l’extérieur. Des drames se nouent entre les quatre murs, de hauts murs rongés par l’humidité. Jamais une plainte, un sanglot. Jamais partager un sentiment. En toute circonstance la tête haute, un cran au dessus. »

Un grand merci à BOB et aux éditions Folio pour ce partenariat !

Nous en avon profité avec Lili Galipette et Nina pour en faire un lecture commune.
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