lundi 22 février 2010

Erik Orsenna "Madame Bâ"



Pour retrouver son petit fils préféré qui a disparu en France, avalé par l’ogre du football, Madame Bâ Marguerite, né en 1947 au Mali, sur les bords du fleuve Sénégal, présente une demande de visa. Une à une, elle répond scrupuleusement à toutes les questions posées par le formulaire officiel 13-0021.
Mais comment mettre dans des petites cases la vie de cette femme africaine ? Impossible, Madame Bâ doit raconter toute son histoire. Une histoire liée à celle de son pays et de ses parents. Enfant curieuse, son éducation passe par les origines de sa famille, les légendes liées au fleuve et à la nature. Chérie par un père à l’esprit scientifique, Marguerite grandit, bercée par les traditions et la connaissance. Mère de huit enfants, Marguerite va se retrouver veuve. Travailler, élever ses enfants en les protégeant de l’envie de vouloir partir en France. Pris par le récit de Madame Bâ, on ressent sa fierté d’être Africaine, ses peurs face à une France qui est loin d’être une terre de richesses. Femme de volonté et de caractère, Madame Bâ ne se laissera pas décourager et va écrire toute son histoire au Président de la République Française.

Erik Orsenna a su se mettre dans la peau de Madame Bâ. Comme l’Afrique haute en couleurs, il nous offre une écriture riche en expressions, des formulations où les mots chantent à l’oreille et qui dévoilent tout leur sens. Dès les premières pages, c’est qui m’a frappé.


Je me suis retrouvée subjuguée par le récit de Madame Bâ, par ses digressions voulues pour mieux expliquer ses pensées et la réalité se son pays. Entre humour et constat amer, Madame Bâ décrit les défauts de notre cher Pays mais aussi ceux de des concitoyens. J’ai beaucoup aimé quand elle s’adresse au Président, le décrivant comme un homme ayant peu de liberté et montrant de la compassion à son égard, ou quand elle blâme le rôle de la télévision, vendeuse de rêves et d’utopies.
Hymne au courage de la femme Africaine, ce livre dépeint aussi la corruption, les retombées du colonialisme, les intérêts financiers et politiques, le mépris et le dédain.

Un livre dense, beau et envoûtant comme l’Afrique.

C'était une lecture commune avec Lili . Je pense qu'elle aussi a été subjuguée.
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