mardi 27 juillet 2010

Nathacha Appanah - Le dernier frère


Editeur : Points - Date de parution : 21/08/2008- 210 pages très belles...

Un homme âgé, Raj, demande à son fils de le conduire sur la tombe d'un enfant, David mort à l'âge de 10 ans. Les souvenirs de Raj remontent et il nous raconte sa vie.
Un père alcoolique et violent, une vie miséreuse dans un village à l'île Maurice, les jeux avec ses deux frères, une mère aimante. Un drame survient, ses deux frères meurent à cause d'un cyclone. Peu de temps après, la famille déménage, son père devint gardien de prison et Raj, neuf ans, observe derrière la grille un enfant blond aux yeux bleus : David. Raj en manque cruel de l'amour de ses frères va tout faire pour se lier d'amitié avec David, le juif de Pragues. Nous sommes en 1945 et Raj ignore ce qui se passe dans le monde...

Un livre fort où l'on se retrouve face à un homme rongé par la culpabilité et ses remords.Pourquoi ses deux frères sont morts et pas lui? C'est lui qui aurait dû mourir, lui, le plus faible et le maladif. A travers l'amitié qui va naitre entre Raj et David, Raj essaie de retrouver un frère. Sentiment qui sera fatal à David.
Nathacha Appanah explore la palette des sentiments : Raj animé d'un sentiment d'amour fraternel pour David et qui essaie de remplacer ses deux frères, la crainte et la peur devant un père alcoolique et violent, la douceur de la mère. Le fardeau de la culpabilité ne s'est jamais allégé pour Raj et Nathacha Appanah nous le décrit avec pudeur et force. Les descriptions de la nature luxuriante sont magnifiques.
L'auteure nous relate un événement peu connu de l'histoire de la seconde Guerre Mondiale : la déportation de juifs essayant de rejoindre le Palestine pour fuir le Nazisme et refoulés sur l'île Maurice.

L'écriture est toujours aussi belle que dans la noce d'Anna mais les thèmes sont incomparables.

L'avis de Sylire qui renvoie à d'autres liens.

"Je ne sais pas si je dois avoir honte de le dire mais c'es ainsi : je ne savais pas qu'il y avait une guerre mondiale qui durait depuis quatre ans, quand David m'a demandé, à l'hôpital, si j'étais juif, j'ai dit non parce que j'avais la vague impression que juif désignait une maladie puisque j'étais dans un hôpital, je n'avais jamais entendu parler de l'Allemagne, je ne savais pas grand-chose en réalité. J'avais trouvé David, un ami inespéré, un cadeau tombé du ciel et en ce début d'année 1945, c'est tout ce qui comptait pour moi."
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