dimanche 3 octobre 2010

Fragments poétiques

J'ai peiné aujourd'hui à l'atelier d'écriture de Gwen.

Elle nous a proposé un texte de Philippe Jacottet, extrait du recueil « Leçons »:
Une stupeur
commençait dans ses yeux : que cela fût
possible. Une tristesse aussi
vaste comme ce qui venait sur lui
qui brisait les barrières de sa vie
vertes, pleines d’oiseaux
lui qui avait toujours aimé son clos, ses murs
lui qui gardait les clefs de la maison

Avec comme consigne :  Imaginez que c’est un morceau de papier que vous avez trouvé par terre. Des fragments ont disparus, des lignes intercalaires ont été effacées. Amusez-vous alors à reconstituer le texte dans son entier. Vous avez le droit de prolonger les vers, d’ajouter des lignes entre celles qui existent, mais par contre, vous devez garder la structure du poème et les vers doivent rester disposés tels qu’ils sont là. C’est à vos mots de s’adapter à ce cadre.

La poésie n'est pas mon fort, je vous laisse juger du résultat :


Une stupeur le frappait. Un coup violent s’enfonça dans sa poitrine le laissant abasourdi. Le panorama des images de sa vie commençait dans ses yeux : que cela fût réalisé aussi vite le rendait furieux. Le dégoût l’assiégeait à la vue de ce qui avait été avant sa maison. Un foyer  qui était imprégné de souvenirs  De ses mains, il y avait posé chaque pierre. Autant de soirées et de week-end-end passés à monter des cloisons, à faire la plomberie,  Il en était fier et dans les yeux de sa femme, il trouvait réconfort et admiration. Ils auraient pu être heureux, la maison se serait remplie de rires d’enfants, elle aurait résonnée de bonheur.  Le jour où son entreprise congédia du personnel, son nom était inscrit  dans le  lot de ceux qui se retrouvent sans lendemain. Il fit son possible. Même si l’emploi ne courait pas les rues dans la région, il répondait aux quelques offres avec espoir.  Puis, lentement et sournoisement, la mélancolie fit son effet. Le matin, il se levait avec  peine, le regard vide. Une tristesse aussi apparue car leurs économies  étaient au plus bas. Ce fut les huissiers et leur pouvoir vaste comme ce qui venait sur lui qui brisait les barrières de sa vie vertes, pleines d’oiseaux lui qui avait toujours aimé son clos, ses murs lui qui gardait les clefs de la maison. A présent, il regardait  sa maison occupée par d’autres personnes. Une balançoire dans le jardin, de nouveaux rideaux aux fenêtres, des rosiers fraîchement mis en terre, tous  ces éléments étaient la preuve que ce n’était plus sa demeure. Immobile sur le trottoir d’en face, il comprenait qu’une page de sa vie venait de se tourner.
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