samedi 27 août 2011

Anne Percin - Le premier été

Éditeur : ROUERGUE - Date de parution : Août 2011 - 163 pages terriblement efficaces...

Dans un petit village d’Haute-Saône,  Catherine, trentenaire, et sa sœur  aînée Angélique vident la maison de leurs grands -parents décédés. Enfants puis adolescentes,  elles y passaient leurs étés. Mais pour Catherine, ce retour est une épreuve car elle ne peut s’empêcher à un été bien particulier. Celui de ses seize ans.
Catherine porte un secret depuis toutes ces  années. Un secret dont  la culpabilité la hante encore quinze ans plus tard. Car l’été de ses seize ans, tout a basculé sans que personne ne le sache.  Cet été là,  Madonna et Etienne Daho avec Tombé pour la France cartonnent à la radio, les chemisiers à épaulettes font fureur… Les copains du village qu’on retrouve ou pas et puis il y a ceux  de la colo. Deux bandes à part. Angélique et Catherine partagent leurs journées entre la cueillette des haricots verts et  la piscine municipale.  Alors qu’Angélique flirte avec un gars de la colo, Catherine reste en retrait. Timide, plus réservée, elle côtoie et imagine l’amour via les personnages de ses livres. Les vacances de Catherine et d’Angélique, on aurait pu (ou on a pu) les connaître.
Dès le début du roman, on ressent une  tension. Une tension distillée qui va monter en crescendo comme la chaleur couvée d’un orage.  Anne Percin l’installe avec finesse. Brillamment. Et puis, on reçoit la vérité délivrée par Catherine. Parce qu’il y a des paroles, des actes que l’on aurait pu (ou que l’on a pu) commettre ou dire à ce même âge pour se fondre dans la masse. Et quand on y  repense, ça fait très mal parce les stigmates sont indélébiles.
J’ai refermé ce livre scotchée et il m’ a fallu du temps pour reprendre pied avec la réalité. Une fois de plus, Anne Percin excelle à sonder l’indicible des émotions et des tourments. Remarquable !
Avec ce nouveau livre, Anne Percin confirme tout son talent et sa place d’auteur chouchou en ce qui me concerne.
Mais j’avais seize ans, et s’il y a un âge où il faut faire des efforts, c’est bien, celui-là. A seize ans, la peau n’est pas un rempart assez solide pour se passer de carapace. Il faut des déguisements, des masques, pour supporter le regard des autres sur soi alors qu’on ignore totalement à quoi on peut ressembler.
Les billets de CunéGriotte, Liliwenn.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...